St Etienne capitale des taudis

St Etienne capitale des taudis ! Ce n’est pas moi qui le dis, mais une éminente journaliste du non moins éminent journal Le Monde. Quelques potes m’ont demandé mon avis sur la question, en qualité d’auteur de polar vivant à Sainté… Cet article ne m’avait pas particulièrement choqué mais la polémique enflant (voir, pour une synthèse, cet article sur le site de France-Info) je me suis dit qu’il fallait avoir un avis sur la question. M... alors, pour une fois qu’on parle de « nous » pour autre chose que le foot…

Première chose : Le terme de capitale des taudis appliqué à la ville n’est pas une Première… C’était effectivement le surnom donné à St Etienne dans la première partie du XXe siècle, comme on peut le lire sur divers documents. Celui-ci par exemple, de  B. Gay, que l’on peut lire dans son intégralité sur le site de  l’Université de Paris I, débute ainsi : « St Etienne, ville noire » pour Michelet, qualifiée et stigmatisée de ville industrielle dans Le tour de France de deux enfants, « capitale des taudis » à la fin de la Seconde guerre mondiale… »

Je n’ai pas trouvé qui a donné ce surnom à l’époque et peut-être était-il mérité. Peut-être l’est-il encore, mais cette première remarque avait pour simple but de replacer l’expression dans son contexte.

Deuxième chose : des taudis, malheureusement, c’est vrai, il y en a beaucoup à Sainté. Ça m’étonnerait qu’il y en ait plus qu’ailleurs, mais bon, capitale de quelque chose, je dis que c’est toujours bon à prendre. Ce qui m’inquiète, par contre, c’est que de plus en plus de Stéphanois* (et d’autres, pour les mêmes raisons qu’indiqué ci-dessus) s’en contenteraient bien d’un taudis. D’un petit taudis rien qu’à lui. Mais pour l’heure, on expulse pas mal et on se retrouve à la rue…

Troisième chose : je remercie très sincèrement Sylvia Zappi, l’auteur de l’article ressuscitant cette terminologie d’un autre siècle : Grâce à vous, Madame, je peux réactualiser ma biographie d’auteur de polar en lui donnant une tout autre dimension, me permettant de rivaliser avec mes confrères venus des recoins les plus sombres de la planète polar. Maintenant, fini les « Jean-Louis Nogaro est instituteur et romancier, vivant à St Etienne, l’une des villes où il fait bon vivre selon je ne sais plus quel classement tout aussi aléatoire, cité classée parmi les villes du design de l’UNESCO, etc. »

Non, maintenant, c’est :

« Jean-Louis Nogaro écrit ses polars du fin-fond de la capitale des taudis, etc. »

Ça a un peu plus de gueule, non ?

 

*Pour ceux qui cherchent, pour moi, un Rom vivant à St Etienne est un Stéphanois.

Le Monde-St Etienne-taudis-polar-Jean-Louis Nogaro

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